Svalbard (3/10) - Brucebyen & Nordenskiöld, un début prometteur

Brucebyen


7h00. Le réveil sonne, nous ouvrons les yeux : il fait encore clair dans l'appartement, car le jour ne s'est pas couché. Nous nous levons sans peine, impatient de commencer l'Aventure. Après une dernière douche, nous rejoignons nos compagnons devant l'hôtel.
L'équipe au complet est rassemblée autour de Martin, qui s'occupera de la logistique à distance durant tout le voyage.

Anecdote n°1 : c'est Martin qui s'était occupé du repas de la veille : un ragoût de porc qui aurait du être... un ragoût de renne.

Mais nous ne lui en voulons pas, à Martin ! Et c'est à bord du minibus de Svalbard Nature que nous nous rendons au port, où un bateau nous attend pour nous emmener à Brucebyen, notre première étape.

Après avoir chargé les kayaks, les sacs de nourritures et nos affaires de campement dans le bateau (sous les yeux intrigués et amusés d'autres touristes), nous nous mettons en route pour Brucebyen !

 Le trajet en Bateau - environ 3H.
Rien à l'horizon...
  

Les falaises bordant l'Isfjord. Que nous re-longerons quelques jours plus tard à bord de nos kayaks !

L'équipage Philippin nous accueille chaleureusement à bord de leur navire. Le Guide (ou Capitaine), qui est, quant-à lui Norvégien, est plein d'humour ; il nous fait découvrir gaiement les côtes de l'Adventfjorden grâce à de riches explications.

Anecdote n°2 : le capitaine nous présentera aux autres passagers comme des "baits" - des appâts.

Il fait froid, et le petit déjeuner que nous a préparé notre guide Aurélie nous réchauffe l'âme. Avant toute chose, elle nous propose de "vivre sans heure", de laisser les montres de côté. Comme le jour est perpétuel ici, ce sera une drôle d'expérience de vivre sans les contraintes d'horaires ! Ensuite, elle nous expose les consignes de sécurité portant sur l'omniprésence d'Ours Polaires sur l'île. Ces règles devront être respectées à la lettre pour ne pas nuire à la sécurité du voyage.

  1.  Nous ne pourrons aller aux toilettes qu'armés d'un stylo d'alarme et d'une corne de brume, ou même d'un pistolet d'alarme.
  2.  Nous ne pourrons nous éloigner du camp qu'avec le dit pistolet d'alarme.
  3.  Des tours de garde auront lieu chaque nuit (une "nuit" se définissant par 10 heures au total) : une heure et demie de garde par personne, chacun ayant une nuit complète tous les deux jours. Un tour de garde permettra d'établir un mouvement continu au sein du camp. Le veilleur aura à sa disposition le pistolet d'alarme et des jumelles. Si un ours s'approche du campement, il faut obligatoirement réveiller Aurélie. De plus, il faut évaluer la distance entre l'ours et le campement afin de définir s'il est urgent d'éloigner l'animal avec un tir du pistolet d'alarme.
  4.  Seule notre guide, Aurélie, aura le droit de toucher et de disposer de l'arme de gros calibre : un Magnum 44.

Julie, pendant son tour de garde... LA NUIT !

Autant dire qu'après un tel discours, nous n'avons plus trop l'envie de débusquer un Ours Polaire !






Notre petit tour dans la cabine du Capitaine terminé, nous nous habillons chaudement afin de passer (presque) tout le reste du trajet sur le pont.









Vincent, s'émerveillant encore et toujours

Là, nous y découvrons la diversité ornithologique qu'abrite le Svalbard. Voici donc une (petite) liste non exhaustive des oiseaux que nous avons pu observer du bateau.

- Les Fulmars

L'envol d'un fulmar à partir d'un Iceberg

Les Pétrels Fulmars sont les oiseaux que nous verrons le plus au Svalbard : ils sont partout ! Ils ressemblent à des mouettes grisâtres, avec un bec crochus. Ce sont des oiseaux de haute mer, très peu farouche. En kayak, nous pouvions nous rapprocher parfois à moins d'un mètre ! Ils ont la capacité de boire l'eau de mer et de rejeter l'excédent de sel par les narines.


- Les Macareux Moines

Le macareux moine, toujours plus facile à photographier quand il ne vole pas !

Le Macareux Moine est probablement l'un des oiseaux les plus connus du cercle polaire. Mi-pingoin, mi-toucan, mi-canard, il est incroyable mignon. La première fois que nous en avions vu, nous avions été surpris par leur petite taille : souvenez-vous, c'était l'année dernière en Islande. Ils sont très reconnaissables par leur battements d'aile hyper rapides, et de ce fait très difficile à photographier en vol (la preuve...). Ils sont assez craintifs, contrairement aux mouettes et aux fulmars.
Le macareux plonge pour pêcher dans des banc de poisson, ses plumes et ses ailes étant conçues pour la nage. Il était très amusant de les voir disparaître sous l'eau lorsque nous tentions de les approcher en kayak ! Tout au long de notre voyage, nous serons accompagnés par les Macareux, volant très vite au dessus de nos têtes, ou courant sur l'eau avant de... ne pas s'envoler (peut-être avaient-ils trop mangé?)



Enfin, suspendus à la proue du navire, nous sommes les premiers à apercevoir le Glacier Nordenskiöld, la bourgade de Brucebyen et, en face, Pyramiden.


Nordenskiöld, et Brucebyen au premier plan.


Le bateau s'immobilise à quelques kilomètres du glacier et l'équipage allume alors l'énorme barbecue qui nous servira à faire cuire le déjeuner ! Saumon en papillotes, grillades de porc et même viande de baleine marinée (exquis!) sont au menu.



Une fois repus, nous jetons les kayaks à l'eau, et entamons de remplir de manière méthodique le zodiac qui nous amènera à Brucebyen, notre vrai point de départ.
Nous sommes finalement 12 à bord du zodiac : notre groupe de 10 français, et deux membres de l'équipage.

Camp 1 : Brucebyen

Le "pâté de maisons" de Brucebyen

♦ Point Pratique :

Nous sautons sur la plage, les pieds déjà un peu mouillés... mais ce ne sera pas la dernière fois, alors autant s'habituer tout de suite ! Nous remontons les kayaks à terre, et, après avoir remercié notre escorte, nous entamons la longue démarche qu'est le montage du campement. Nous écoutons attentivement les directives d'Aurélie, car un camp au Svalbard doit être organisé de manière réfléchie (toujours en rapport avec cette histoire d'ours, évidemment) :






  1. Aucune nourriture ne doit rester dans les tentes où nous dormons. Tous les sacs de nourriture et en-cas doivent se trouver à l'écart du campement.
  2. Le campement doit être orienté par rapport au vent de façon à ce que si un ours nous repère, il n'aie pas à traverser tout le camp pour aller à la nourriture.
  3. La tente mess (où nous cuisinerons et mangerons) devra elle aussi se trouver à l'écart de nos tentes. 
  4. Les tentes où nous dormons devront être disposées face au vent, les ouvertures réparties dans un sens ou dans l'autre pour surveiller les environs.
Anecdote n°3 : alors que nous pensions laisser les sacs de nourriture en contre-bas de la colline où nous avions établi le campement, nous avons vu ce petit renard polaire tourner autour avec intérêt...

Le campement de Brucebyen, avec le glacier Nordenskiöld en arrière-plan

Bien entendu, un campement doit disposer au minimum d'un point d'eau douce (plus ou moins potable, nous en reparlerons).

Beaucoup moins glamour, la biodiversité étant très pauvre sur le sol du Svalbard, tout sera jeté dans la mer qui, elle, possède un riche écosystème ; les toilettes devront donc impérativement se trouver au bord de la mer. Un système de drapeau levé / drapeau baissé sera alors mis en place afin de prévenir si les WC sont occupés ou non.

Photo prise par Béranger.

Les WC de Brucebyen

La vaisselle se fera elle aussi dans l'Océan... Heureusement, grâce au bois flotté en provenance de Russie, nous aurons un bon feu pour nous réchauffer les mimines !

La "vaisselle arctique"... Un grand moment de convivialité !

À Brucebyen, notre réserve d'eau potable est un petit lac dans lequel se reflète montagnes et maisonnettes. Aurélie nous informe que l'eau du lac, même si elle n'a pas été bouillie, est potable : "De ce que je sais, personne n'a jamais été malade en la buvant". Sauf que, en remplissant pour la première fois nos gourdes, notre compagnon Bé. découvre dans sa bouteille... quelques vers, qui sont en réalité des larves de moustiques. Dès lors, les mieux équipés d'entre nous utiliseront les pastilles de purification d'eau, et les autres, nous ne boirons l'eau qu'une fois que celle-ci aura été bouillie !



Malgré ce petit incident d'insectes dans notre soupe, le lac est source d'émerveillement. Les petites maisons qui le bordent apportent un charme sans nom.
De plus, c'est face au glacier que nous campons, et la vue que l'on a de Brucebyen sur Nordenskiöld n'est pas négligeable.

La lumière extraordinaire éclairant les montagnes voisines...
Enfin, le soleil étant toujours très bas - car celui-ci semble seulement "tourner" dans le ciel - il donne à l'atmosphère un côté magique. En fait, c'est la Golden Hour perpétuelle ; vous savez, l'instant qui précède un coucher de soleil ...


Une fois l'installation terminée, nous nous équipons pour notre première sortie en kayak... Direction, le glacier Nordenskiöld !


Le Glacier Nordenskiöld

Nordenskiöld, vu de Brucebyen

Pour notre première sortie en kayak, Aurélie nous propose d'aller "barboter" vers le Glacier Nordenskiöld. Nous nous sommes levés très tôt, et avons fait trois heures de voyage pour arriver jusqu'à notre Campement n°1, alors la perspective de commencer le parcours doucement nous semble appropriée.
Une fois le camp monté et prêt à survivre à une éventuelle attaque d'ours, nous nous équipons avec ces horribles combinaisons étanches qui, soyons honnêtes, sont quand même bien pratiques. Puis, nous nous jetons à l'eau, prêts à affronter l'Arctique & ses merveilles !





Nous nous lançons à la poursuite du glacier, toujours accompagnés des oiseaux cités précédemment. Nous ramons 3 kilomètres avant qu'Aurélie nous demande de ne pas nous approcher plus. Si un morceau de glace se détache et créé une vague, les kayaks pourraient se retourner, et nous avec... Alors, nous formons un radeau et grignotons de petits gâteaux devant un sublime spectacle. 







3 kayaks sur 5, devant le glacier



Puis, l'on aperçoit un caillou sur un autre caillou, sauf que celui du dessus bouge... Tout doucement, nous nous rapprochons de la rive pour découvrir qu'il s'agit en réalité de Phoques Annelés ! Certains sont craintifs, d'autres moins. Ils se prélassent juste sur des rochers, sans se soucier du temps qui passe...




Phoque annelé

Ice Cave, une grotte de glace à la base du glacier



Enfin, nous prenons la route du retour. Ce fut court, mais exaltant. Nous attendons la journée du lendemain avec impatience, car une traversée de 8 kilomètres (16km aller-retour) nous attend...






→ Une journée avec les fantômes de Pyramiden 
Phantomodden, sur la trace des ours
Gipsvika : le camp aux rennes


La Faute Au Graph

« Vous avez la capacité de voir les choses à travers un prisme qui rend le monde plus beau. »

2 commentaires:

  1. Wouah ça ne rigole pas avec les ours, ça doit être impressionnant de faire son tour de garde, je n'aurai pas fait la fière non plus.... Tes photos sont magnifiques, ça donne envie de découvrir ces superbes coins !!!!! Le phoque est trop trop mignon, tu ne l'as pas ramené :D :D :D? Très chouette reportage !

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    1. Oui, ça l'était ! On n'était plus sûrs de vouloir voir des ours du coup ^^
      Merci infiniment, ça me fait très plaisir ! :D
      Non, malheureusement, mais j'ai failli ramener un renard :3

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V&M