Svalbard (8/10) - Le vent souffle sur Svettitel


Quitter Tempelfjord fut l'une des choses les plus difficiles que nous ayons eu à faire durant notre aventure au Svalbard. Parce qu'il nous fallait laisser derrière nous ce paradis bleuté qui avait vu naître nos exploits de nageurs courageux, et que nous n'avions pas assez exploré.

Mais la perspective de nouveaux paysages à découvrir et de nouveaux défis à relever a rendu notre peine moins profonde. 

Car ce n'est pas encore la fin. L'exploration continue, contre vents et marrées, jusqu'à la prochaine étape : Svettitel, où les maisons des trappeurs bordent la côte dans l'attente qu'une baleine pointe le bout de sa queue.

Sortir du fjord s'avère difficile. Les conditions météorologiques se sont degradées, et nous luttons à présent pour avancer. Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, ce n'est pas la fatigue musculaire qui pose problème à Marion, mais le manque de 'pause pipi'. Cela peut paraître stupide, mais le long des falaises sur l'Océan Glacial Arctique, il est difficile de s'arrêter sur demande. S'ajoutent à ça la fine pluie qui tombe, le froid, les embruns salés qui demandent à notre corps de s'hydrater régulièrement...
4 heures plus tard, nous nous arrêtons enfin. La petite pause se transforme en pique-nique du midi. Des gardes côtiers nous interpellent, rient avec nous et nous informent qu'une baleine a été observée plus loin, au large de Svettitel. Cela rétablit instantanément la bonne humeur générale, et la motivation d'avancer encore.

Mais ce soir là, lorsque nous débarquons à Svettitel, à environ 4km des maisons des trappeurs, nous n'avons toujours pas vu de baleines... Et il fait froid, trop froid.
 Néanmoins, c'est jour de fête : Vincent souffle ses 24 bougies au Svalbard sur une délicieuse mousse au chocolat !


Anecdote du jour : Le vent nous a contraint à prendre le dessert dans la tente mess, vu que nous n'arrivions pas à allumer les bougies !



Le lendemain, nous ne pouvons repartir. Martin annonçait un vent de face à 7m/s - ce qui est déjà beaucoup - mais celui qui secoue nos corps souffle au moins à 15m/s (et de face, sinon ce n'est pas drôle)! 



Nous décidons à l'unanimité que nous ne passerons pas notre journée à rien faire : direction les maisons des trappeurs ! Guidés par les nombreux arc-en-ciel qui décorent le campement, nous marchons le long des falaises jusqu'à la plage. Là-bas, nous guettons patiemment, mais en vain, un signe indiquant la présence d'une baleine.


 



  


   

  

 


Épuisés et légèrement frigorifiés malgré les 7°C ambiants, nous entamons le chemin du retour (sous la pluie, encore). Nous profitons tout de même de la beauté des lieux, nous adonnant à quelques jeux photographiques avec les différentes espèces d'oiseaux planant au dessus de nous, ou nous suivant à terre.



Goéland Arctique


Oies Bernache Cravant

Bécasseau Variable (ou Violet ?)

Et on rit devant les âneries d'Edouard, chasseur de rennes expérimenté du Svalbard, qui a en assez de manger des nouilles chinoises déshydratées et rêve d'un bon repas... (Evidemment, les bois ont été trouvé par terre)




À peine arrivons-nous au camp que de hauts mats apparaissent à l'horizon. Un voilier vogue vers Tempelfjord. Julie, notre skipper, est toute excitée : nous nous approchons du bâtiment pendant qu'elle nous enseigne son art, parlant avec passion de son métier.






Julie, notre skipper, et son rondin de bois pour le feu.



Avant de s'endormir ou de commencer un nouveau tour de garde, nous prions fort pour que la journée de demain nous permette d'avancer, afin que l'on ne prenne pas de retard et que l'on puisse arriver à Longyearbyen dans les temps. Mais c'est loin d'être gagné... 






→ Une rencontre improbable qui ranime l'espoir
→ Dernier jour au Kapp Diapasodden
La Faute Au Graph

« Vous avez la capacité de voir les choses à travers un prisme qui rend le monde plus beau. »

4 commentaires:

  1. Je frémis... vous êtes de vrais aventuriers, là, j'admire vraiment ! Et les photos sont sublimes... je me régale. Sincèrement, en vous lisant, je ne sais pas si j'aurais le courage, je crois que je subirais une forme de panique ("je suis au milieu de nulle part, on ne peut pas avancer à cause du vent, il fait si froid, on va mourir, qu'est ce que je fous là"), je pense qu'il faut que je fasse quelques mois de yoga avant de me lancer là dedans ;) J'adore les lumières... Les deux photos avec la source moussue, la baie bleu glacier et l'arc en ciel sont de toute beauté (toutes le sont, mais celles là, c'est juste époustouflant !).

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup Alexandra ; encore une fois, ton commentaire nous touche beaucoup ! Je crois qu'effectivement, Vincent aurait apprécié que je fasse quelques cours de relaxation avant de partir... Parce que si je suis contrariée, je deviens vite invivable ! Heureusement qu'il sait gérer mes crises de nerfs. Il sait qu'au moindre rayon de soleil, je retrouverai le sourire, et que les choses reprendront leur cours calmement...
      Merci pour les photos :D La baie bleue et l'arc-en-ciel, ce sont mes préférées aussi, parce qu'elle reflètent parfaitement l'atmosphère là-bas. Puis ce sont des moments où j'étais positive, où je ne râlais plus, où je ne voyais plus le mal partout, tant c'était beau !
      Merci encore en tout cas, te lire me donne réellement le sourire.
      Bonne soirée, et bon voyage en Sicile !

      Supprimer
  2. Déjà qu'en photos c'est... WHAOU. Je n'imagine même pas en vrai. Ça me donne très envie d'y aller. ♥

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Clémentine pour tous tes gentils commentaires <3 ça me fait vraiment plaisir de partager cette expérience, je suis contente qu'elle te plaise! ♥

      Supprimer

Bonjour, et merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout !

Ici, vous pouvez laisser vos impressions, émettre des suggestions, et même nous dire ce qui ne vous a pas plu ! Nous sommes ouverts à toute critique, quelle qu'elle soit, pourvu que ce soit un avis sincère et constructif.
Bonne continuation, et à bientôt sur le blog de La Faute au Graph !

V&M