Actualités #19 - Mercredi 21 Octobre 2015

En route vers le Lac Noir, Les-Coches (Savoie, France).


Les-Coches est un petit village de montagne, situé en Savoie, entre le célèbre domaine skiable de La Plagne et celui des Arcs (mais si, vous savez ! Paradiski, "La Plagne, ça vous gagne!") . La station de Montchavin-les-Coches est une station familiale, idéale pour débuter grâce à ses pistes "Cool-ski". Mais là n'est pas la question, car vous vous en doutez, il n'y avait pas de neige le 21 octobre 2015. Alors pourquoi y étions-nous ? La famille de Vincent a fait l'acquisition d'un appartement aux pieds des pistes, juste au niveau du Télébufette, et en dessous de la patinoire. De ce fait, en prévision de l'hiver qui approchait, nous sommes allés aider à la réalisation de quelques travaux dans l'appartement. Mais pas que! Nous en avons également profité pour nous balader et visiter les alentours. C'est donc un peu au hasard que nous sommes partis ce matin là à la découverte du Lac Noir.

Sur la première piste, nous jetons un regard en arrière sur les appartements

Nous nous engageons sur une première piste, sans but particulier, avec tout de même l'espoir de ramener quelques champignons pour le déjeuner. Nous passons à côté d'un petit lac artificiel, réserve d'eau pour les canons à neige.





Les télésièges suspendus au dessus de nos têtes, plongés dans un sommeil de fer et d'acier, attendent que la neige et le froid viennent les réveiller. Figés dans le temps, ils patientent en silence ; tels les squelettes de l'hiver, dépourvus de leur manteau blanc. 




Nous trouvons un chemin menant aux sapins, et continuons ainsi de marcher dans l'herbe encore empreinte de rosée matinale. L'atmosphère est feutrée, et seuls quelques oisillons viennent briser le calme du sous-bois.
Nous rejoignons une petite route de montagne, qui se transformera en piste bleue cet hiver. Celle-ci débouche sur un point de vue à couper le souffle, et l'on devine la silhouette saisissante du Mont-Blanc derrière les nuages. Nous suivons la voie, nous enfonçons par moment dans les sapins, les brindilles, et la mousse à la recherche de quelques mycètes. Nous n'en trouvons pas de comestibles, mais nous progressons dans ce décor de contes de fée tels des enfants perdus, à la recherche de quelques trolls ou de quelques fées.




Décor féerique d'un sous-bois de montagne
Très vite, nous laissons de côté notre chasse aux champignons et autorisons notre esprit à errer au gré de nos envies. L'objectif se tourne à présent sur la beauté des détails du décor, car on sait bien que les trésors les plus précieux ne se dévoilent pas facilement aux yeux du monde.




Pierre Blanches, c'est le nom de la remontée mécanique qui nous accueille au bout de la route. Ici encore, tous les éléments des vacances d'hiver sont réunis, sauf un : la neige. Mais ce n'est qu'une question de temps, espérons-le. Nous ressentons presque de la tristesse en regardant les arbres dépourvus du chapeau blanc qui leur sied si bien, même si l'instant présent est agréablement beau. Vincent se dit que la véritable couleur de la montagne, c'est le blanc. Cependant, nous apprécions la solitude et le privilège d'être les seuls ici, le calme et la sérénité, ce que nous n'aurions pas en revenant quelques mois plus tard.


Certains ont la chance inouïe d'avoir fait de cet endroit leur quotidien

Nous trouvons quelques panneaux informatifs indiquant Le Lac Noir à quelques minutes d'ici. Nous en prenons donc la direction, sans savoir ce que nous cherchons vraiment. Il n'y a plus de chemins, seulement de grandes allées partant dans tous les sens. Nous réfléchissons, et suivons une intuition avant de rebrousser chemin : ce n'est pas par là, nous aurions déjà du tomber sur le Lac Noir. Nous entamons la descente, le panier vide et vidés d'énergie, car l'envie de découvrir un nouveau lieu magique ne fût pas satisfait. Puis, alors que tout espoir avait disparu pour laisser place à la hâte d'un repas copieux, nous apercevons une barrière, et une nouvelle pancarte : "Lac Noir".
Nous regardons par delà la clôture de bois, et Vincent s'exclame : "C'est une tourbière!" En effet, en regardant de plus près, nous nous rendons compte que le sol n'est pas solide, et que sans la rambarde de protection, nous nous serions enfoncés jusqu'aux genoux dans un mélange d'eau, de boue et de roseaux. Le marécage est quasiment invisible, prenant au  piège quiconque manquera de prudence. De plus , les rayons du soleil s'approchant du zénith lui confère une allure de petite prairie, et l'on aurait presque envie de s'y allonger pour pique-niquer.

La tourbière du Lac Noir.
Après avoir lu que la tourbière était âgée de 4000 ans, une question s'impose à nous : pourquoi appeler cet endroit le Lac Noir ? Les paillettes dorées se déposant sur l'herbe jaunissante ne font en aucun cas penser à un lac, et encore moins à un lac noir. Nous sommes dubitatifs à ce sujet, et cette dénomination restait un mystère pour nous. Jusqu'à ce que...

Lac Noir
Cette fois-ci, nous comprenons. Le Lac Noir qui fait suite à la tourbière est plus un étang marécageux qu'un lac, mais la surface est si sombre, si profonde, que l'on se dit bel et bien que les eaux sont noires. Le miroir est lisse, l'illusion est parfaite : il serait presque impossible de différencier la réalité de son reflet. Nous restons là un moment, heureux d'avoir finalement trouvé ce que nous cherchions.
Aussi, impossible d'oublier où nous sommes, puisque tels les gardiens de la montagne, les télésièges nous guettent. Nous ne le savons pas encore, mais ce sont eux qui nous emmènerons au sommet des pistes cet hiver, nous offrant une vue du ciel sur le Lac Noir métamorphosé en Lac Blanc.
Nous nous décidons enfin à redescendre, nos estomacs criant famine. Mais avant, nous ne pouvons qu'admirer le Mont-Blanc pointant le bout de son nez au dessus des nuages : il n'a jamais aussi bien porté son nom que ce jour, seul sommet enneigé des alentours.


Mont-Blanc, gardien de la Vallée.
Informations : 


Pour vous rendre au Lac Noir, vous pouvez suivre l'itinéraire proposé sur ce site.



→ 
Retour sur le domaine skiable de la Plagne, hiver 2015-2016.
La Faute Au Graph

« Vous avez la capacité de voir les choses à travers un prisme qui rend le monde plus beau. »

2 commentaires:

  1. Oh yeah un nouvel article de la team de choc Marion et Vincent ! Et je l'ADORE !
    Déjà, j'ai un faible pour la montagne hors saison. Je la préfère ainsi, sans le blanc, bucolique, verte, couverte de fleurs et de lacs...
    Ensuite : la tourbière ! C'est ma terreur. Cela me fascine et m'horrifie. Tu sais qu'avant, il y a deux mille ans, une bonne partie de l'Europe était couverte de tourbières, de marécages, de terres noires qui avalaient les hommes ? J'ai lu des choses là dessus et ça m'a marquée. Nous avons asséché, métamorphosé le continent, mais avant... En Pologne/Biélorussie, la dernière forêt primaire d'Europe, Bialowieza, est une bonne représentation de ce que ça a pu être, avec bisons, ours, marécages au programme, je rêve d'y aller.
    J'ai lu aussi un bouquin fantastique (au sens propre du terme : fantômes et compagnie) sur les suppliciés des tourbières suédoises, c'est un roman de Johan Theorin, l'Echo des morts.
    Les photos macro de fleurs sont magnifiques !
    Le lac noir... terrifiant, superbe.
    Il est où le Mont blanc ? derrière les nuages ?
    La minute j'ai un humour de maternelle : Télébufette, mouarf muarf.
    Merci pour cette magnifique évasion alpine ! Tes photos sont sublimes, comme d'hab <3


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    1. Merci Alexandra, pour ce commentaire si gentil et si riche en savoir!
      Vincent préfère la montagne l'hiver, et je dois bien avouer que j'aime voir les sapins saupoudrés de sucre glace... mais je suis comme toi, et je la préfère hors saison. La neige, si belle soit elle, m'angoisse : à Dionay, lorsqu'il neigeait, cela signifiait que je ne pourrais aller ni à l'école (j'adorais l'école, je détestais la manquer) ni au cheval (je détestais encore plus manquer mes cours d'équitation ahah). Et j'ai mon petit côté reptile aussi : ce que je préfère en hiver, c'est la chaleur du feu et des boissons chocolatées ;). Et comme en plus je ne fais pas de ski, il m'est beaucoup plus facile d'appréhender la montagne l'été. J'adore les paysages de haute-montagne, comme ceux que l'on a découvert lors de notre randonnée au Refuge de la Pra ! Bientôt, nous recommencerons les longues journées de rando, les 10 heures de marches qui font mal aux jambes dans les pierriers de Belledonne... J'ai hâte !
      Je comprends ta fascination et ton épouvante : je n'avais jamais vraiment vu de tourbière avant celle du Lac Noir, et ce côté "traître" m'a fait frissonner. Je ne connaissais pas Bialowieza, mais si tu dis qu'il y a des bisons et des ours, je veux y aller, moi aussi ! :D
      Rien que le titre de ce livre me donne envie de le commander. Mais je commence à avoir une trop grosse Pile A Lire, donc je vais attendre un peu :) J'attends de recevoir Dernière Morsure d'ailleurs!
      Merci pour les photos !
      Oui, il est derrière les nuages ;) On le voit bien sur les photos de la fin, quand la brume matinale s'était enfin levée.
      Merci pour ta gentillesse et tes retours, ils sont très précieux pour moi <3

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Bonjour, et merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout !

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Bonne continuation, et à bientôt sur le blog de La Faute au Graph !

V&M